vendredi

Ecouter les anges

A cette époque, j'avais senti le doute s'installer dans l'esprit du Docteur Schott. Etais-je ou n'étais-je pas celui que je prétendais être, cet adversaire acharné de la Nommée Rose, la Grande Rêveuse. Je n'en étais plus très sûr moi-même. J'avais tissé avec la tartignole des liens de moitié, pas finis mais tout en finesse, basés sur un intérêt réciproque pour les bruits de baise en format Vorbis et les noms oubliés. Je lui refilais discrètement, à la barbe de mon organisation de vieilles cartes de l'AOF et nous écoutions émus les bandes sons en versions orignales des films de Koji Wakamatsu, et notamment "Okasareta hakui" que nous passions et repassions inlassablement. L'air était léger et nos ventres graciles ne cachaient pas encore nos pieds. L'avenir était à nous. Je pouvais choisir le camp d'en face ou camper dans la défense de la propriété intellectuelle. L'OBNI, connaissant mes relations privilégiées avec le grand Sachem, m'avait construit un pont d'or. Du côté des Ambassadeurs, on en appelait à mon sens civique. Depuis, le Docteur Schott est mort. Je n'ai jamais pu choisir mon camp. Je passe ma vie à suivre des fantômes. Ils se baladent, des oreillettes fluorescentes fichées dans leurs pavillons auditifs. Qu'écoutent-ils ainsi, les yeux vides et la démarche raide. Je ne sais pas. Ma vie semble interminablement défiler son code source : one- zéro-one- zéro-zéro-one

1 commentaires:

merce a dit…

ça me fout un coup rapport au décès du doc